Il ne faut pas être pressé quand on est une espèce menacée… Les espèces listées comme étant en danger d’extinction doivent attendre en moyenne plus de dix ans pour être effectivement protégées. Largement assez long pour avoir déjà disparu…
Cela semble pourtant être une évidence : il suffit bien souvent de quelques années pour qu’une espèce en danger disparaisse presque totalement. Pourtant, les espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN, c’est-à-dire officiellement considérées comme étanten danger d’extinction, doivent attendre en moyenne dix ans avant de faire l’objet de mesures de protection de la part de la Cites, l’organisme qui régule lecommerce international d’animaux sauvages.
La faute en général aux pressions des États, qui défendent leurs intérêts politiques et économiques y compris au détriment de la nature.
C’est une étude publiée en février dans la célèbre revue Science qui souligne les incroyables délais avant qu’une espèce considérée comme à risque d’extinction fasse l’objet d’une mesure de protection internationale. Pour les 35 % d’espèces actuellement protégées, il a fallu en moyenne une décennie environ après leurinscription sur la Liste rouge pour obtenir une protection. Certains animaux ont même attendu près de vingt ans pour être effectivement protégés.
Créée en 1975, la Cites (Convention internationale sur le commerce des espèces en danger) réglemente le commerce international. Elle regroupe 183 pays qui se réunissent tous les trois ans pour statuer sur les espèces à protéger. Mais il appartient à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) de publier une liste rouge des animaux et végétaux considérés comme étant en risque d’extinction.
Les deux auteurs de l’étude récemment publiée dans la revue Science, Eyal Frank et David Wilcove, ont passé en revue 958 espèces figurant sur la liste rouge de l’UICN, dont certaines « en danger critique ». Selon eux, 28 % ne font l’objet d’aucune inscription à la Cites. Pire : 62 % des espèces attendent jusqu’à 19 ans avant d’être protégées par la Cites ou ne sont toujours pas inscrites 24 ans après leur signalement sur la liste rouge de l’UICN.
En moyenne, il faut, selon ces chercheurs, 10,3 ans pour avoir enfin son nom inscrit sur les annexes I ou II permettant une protection effective. Bien assez longtemps pour que disparaisse une espèce en danger…